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8.0 Les Benefices de la Consommation "Moderée pour la Santé |
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8.1 Comme on pouvait s'y attendre, les producteurs d'alcool accueillent avec enthousiasme l'idée que la consommation d'alcool soit associée à une réduction du risque de lésions coronariennes. Sur cette base et au plan international, les producteurs essayent de promouvoir l'alcool comme un aliment bénéfique pour la santé. Il proclament que à cause de cet effet protecteur sur le coeur, les politiques tendant à réduire la consommation générale sont inacceptables puisqu'elles feraient courir des risques aux buveurs modérés qui réduiraient leur consommation. 6 8.2 Cette affirmation est un exemple d'un raisonnement fort criticable. Durant ces dernières années, la consommation d'alcool a considérablement diminué en France et en Italie, ce phénomène a été accompagné par une réduction significative des dommages liés à l'alcool. Il n'a pas été prouvé d'effet néfaste sur les pathologies cardiaques de cette réduction. Au contraire, la mortalité par maladie coronarienne diminue en France avec la diminution de la consommation d'alcool. 19 8.3 La raison de ce phénomène est que, même s'il existe une part de vérité sur les effets bénéfiques de l'alcool, ces effets sont limités et doivent être appréhendés avec les effets négatifs. Un consensus scientifique s'est établi sur les points suivants : Il peut exister une réduction de la mortalité par maladie coronarienne grâce à la consommation modérée d'alcool chez les sujets d'âges moyen et élevé, mais il n'est pas certain que ceci entraîne une augmentation de l'espérance de vie. 20 Au niveau de la population générale, les possibles effets protecteurs de l'alcool sur la maladie coronarienne sont "masqués par des augmentations des autres causes de mortalité". Ceci est notable en France où un taux particulièrement bas de cette cause de mortalité n'entraîne pas un taux de mortalité générale bas19. Au niveau individuel, quelques études suggèrent que les effets nettement bénéfiques de l'alcool sont obtenus seulement par des niveaux de consommation très bas - moins d'un verre par jour en moyenne - et que au-dessus de ce niveau toute réduction du risque d'attaque cardiaque est annulée par un risque accru pour les autres maladies, y compris les cancers. 21 De plus, toutes les nations de l'Union Européenne consomment déjà des doses d'alcool supérieures à celles qui sont proposées pour obtenir les effets positifs, à supposer qu'ils soient réels et non la conséquence d'un artefact. 22 Il n'existe pas de preuve d'une réduction de la mortalité chez les populations les plus jeunes : au contraire, chez elles, le risque de mortalité croit proportionnellement avec la consommation.23 Aux âges moyen et élevé la réduction du risque est petite comparée à celle qui peut être obtenue par d'autres moyens comme l'arrêt du tabac, la pratique d'exercice physique et un régime diététique pauvre en graisses. 17 Il n'existe pas de preuve suggérant que l'alcool est nécessaire à la santé et que l'abstinence totale est néfaste. Les études sur les abstinents "volontaires" montrent qu'ils ont une espérance de vie plus longue que la moyenne.24,25 8.4 Les affirmations concernant les bénéfices de la consommation d'alcool sur la santé doivent être entendues dans le contexte des conséquences négatives connues de cette consommation. La Banque Mondiale estime à 2 millions par an le nombre de morts liés à l'alcool, 5 pour cent du total, et compte que les maladies liées à l'alcool touchent 5 à 10 pour cent de la population mondiale, ce qui représente 3 pour cent du fardeau total des maladies. 26 8.5 Ces estimations sont bien sûr plus élevées dans les régions de forte consommation comme les pays occidentaux. Dans ceux-ci on considère que près de 10 pour cent de la mortalité est liée à l'alcool. En France, il a été estimé qu'en 1985 plus de 40 pour cent de la mortalité des hommes âgés de 45 à 64 ans est due à l'alcool. 27 8.6 A partir de ces considérations, dans la principale revue scientifique générale de la question on a conclue: "Toute tentative pour promouvoir un message qui encourage la consommation d'alcool pour prévenir la maladie coronarienne entraînera plus de dommage que de bénéfice."17 |
1996 - 2005 Eurocare