10.0 Couts et Recettes


10.1 Le rapport de Groupe d'Amsterdam insiste sur l'importance de la production d'alcool dans les économies des pays européens. Toutefois il ne fait pas référence aux subventions payés aux producteurs par le contribuable européen.

10.2 On ne contestera pas que les producteurs d'alcool représentent une importante force économique, bien que cela soit peut être exagérée. Cependant il est vraisemblable que l'importance de ce secteur du point de vue de l'emploi diminue, indépendant des politiques de contrôle de l'alcool, du fait des évolutions technologiques. Le rapport du Groupe d'Amsterdam insiste également sur l'importance de la taxation d'alcool comme source de revenus fiscaux. Il est cependant difficile d'apprécier la force de cet argument puisque les producteurs d'alcool, représentés par le groupe d'Amsterdam, s'opposent violemment à la taxation.

10.3 Des considérations plus fondamentales sont les suivantes :

  • Puisque toute diminution de la demande pour l'alcool résulterait vraisemblablement en une demande accrue pour d'autres produits, les réductions ne peuvent être considérées comme entraînant une perte sèche pour l'économie.

  • Il n'est pas évident qu'il soit politiquement et socialement légitime ou désirable d'accepter sans discussion les dommages individuels et collectifs existants sous prétexte que le produit qui provoque ces dommages génère de l'emploi et des revenus fiscaux.

10.4 Les publications des producteurs d'alcool critiquent fortement les estimations du coût social des problèmes d'alcool, il ne sera pas nié qu'il s'agit d'un domaine difficile. Par exemple il existe des raisons légitimes pour douter de la validité des estimations qui attribuent une large part du coût total à la perte de productivité sur les lieux de travail.

10.5 Cependant en dépit des domaines où l'incertitude est grande du fait de la nature multifactorielle des problèmes d'alcool et du nombre de personnes touchées, le poids économique sur la société doit être énorme.

10.6 Une indication est donnée par une estimation américaine qui n'inclue pas la perte de productivité. En 1990 le coût pour les USA était supérieur à 100 milliards de dollars, 80 pour cent de ce coût étant lié au traitement à la morbidité et à la mortalité. 17,35

10.7 Comme la consommation et les dommages sont plus élevés dans certains pays européens qu'aux USA, il est possible que les coûts sociaux soient proportionnellement plus élevés.

10.8 Il est intéressant de noter qu'en Europe, la consommation et les dommages sont plus élevés dans les pays où la taxation de l'alcool est faible. On pourrait donc dire que dans ces pays l'alcool 'ne rembourse pas sa dette', puisque les dépenses nécessitées par les problèmes d'alcool sont plus élevées que les revenus provenant des ventes.





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