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Les familles qui ont d'un problème d'alcool sont fragiles. Les dommages causés par l'alcool ne se limitent pas aux seuls buveurs, l'entourage peut également souffrir et les familles des buveurs sont particulièrement exposées. Les enfants élevés dans ce milieu sont parfois en pleine détresse, une détresse souvent dissimulée aux personnes extérieures à la famille et négligée par les politiques.
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LEURS PLAINTES DISENT LA DIFFICULTE DE VIVRE DANS UNE FAMILLE AVEC DES PROBLEMES D'ALCOOL :
apa est ivre tous les jours, il me bat et il bat maman... une fois, il m'a cassé un bras. Si j'ai des bleus il... m'empêche d'aller à l'école. Il dit que si jamais nous en parlons à quelqu'un, il nous tuera... j'ai peur...ça s'aggrave. »
Papa boit et bat maman. J'ai fait une overdose la semaine dernière, je voulais mourir. Je ne peux pas en parler à Maman, ça ne ferait qu'aggraver ses problèmes... Tout ça, c'est de ma faute »
Ma mère me bat quand elle a bu »
S'il vous plaît, n'empêchez pas ma mère de fumer... Je préfère qu'elle fume plutôt que de la voir rentrer ivre.»
Jeune garçon atteint d'un syndrome d'alcoolisme foetal
Parfois, c'est dur. Je ne peux pas m'en aller parce qu'en cas de problème, il n'y aura plus personne pour aider »
Je lui ai demandé (à mon père) de ne plus boire. Il m'a répondu qu'il allait s'arrêter, mais il ne l'a jamais fait. C'est la seule chose que j'ai dite. Je sentais que ça ne servait à rien, que tout ce que je faisais était inutile... Je sentais... je pensais qu'il arrêterait si je le lui demandais... J'avais réfléchi à tout ça pendant très longtemps et je sentais que s'il ne s'était pas arrêté la toute première fois (que je lui demandais), il ne s'arrêterait pas les prochaines fois non plus... je me sentais mal, j'ai compris qu'il fallait que je vive avec ça toute ma vie... ».
e pleure... elle (ma mère) me dit qu'elle va s'arrêter mais elle ne le fait jamais. »
Si les autres parents apprenaient que mon père boit, ils pourraient empêcher leurs enfants de jouer avec moi.»
Maman dit que papa a recommencé. Papa dit que ce n'est pas vrai... tout se mélange dans ma tête. Je vais essayer très fort de comprendre . »
Tasha, 7 ans (dépliant NACOA, Does this happen to you ?))
LES ADULTES AUSSI SONT TOUCHES :
e me sentais responsable de tout. Je me reprochais constamment d'avoir choisi cet homme et d'avoir fait subir tout ça à mes enfants. »
Il est prêt à perdre sa famille plutôt que d'arrêter de boire. Il ne nous aime plus, certainement, et j'en viens à me demander s'il nous a jamais aimé, si toute notre vie commune n'était qu'un mensonge. Je me sens triste, effrayée et à bout de nerfs. »
J'étais déçu et je ne le supportais plus. Je sentais qu'elle avait abandonné tous les projets qu'elle avait faits au moment de notre mariage, laissé tomber les gosses et tout ça. »
Un mari
Je m'étais persuadé que j'étais un bon père de famille qui conduisait son fils au football. Maintenant, j'avoue que ça me donnait une excuse pour boire quelques bières... Il (le fils) m'a trouvé plus d'une fois par terre, ivre mort. Je ne sais pas ce que ça peut signifier pour un enfant de voir son père dans cet état. »
Un père, aujourd'hui abstinent
L'interlocuteur a dit qu'il avait vu l'enfant de deux ans marcher dans la rue vêtu d'un T-shirt, d'un slip et de chaussettes. Il lui a demandé où il vivait et l'enfant l'a conduit à une maison, 200 à 300 mètres plus loin. La porte d'entrée était ouverte et un homme et une femme dormaient sur un canapé dans une pièce complètement enfumée qui sentait aussi l'alcool. Le petit s'est dirigé vers la femme en l'appelant # Maman » et l'a secouée. Elle lui a dit de # se casser ».
(appel téléphonique reçu sur un service d'écoute anglais animé par la National Society for the Prevention of Cruelty to Children. Cité dans V. Lewis : Drunk in charge. Community Care. 11-17 septembre 1997).
Mon souvenir d'enfance le plus marquant, c'est la peur. Mon père était un homme très fort et toujours en colère. Il restait assis toute la nuit à boire. Mon frère, ma soeur et moi étions terrifiés à l'idée d'être battus ».
Tim, 53 ans (dépliant NACOA, Does this happen to you ?)(2)
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Importance de la famille
Le rôle de la famille est important et c'est pourquoi les problèmes d'alcool dans la famille le sont aussi. La fonction essentielle d'une famille consiste à satisfaire aux besoins de sécurité qu'exigent ses membres sur le plan physique, psychologique, social et économique et à offrir un environnement favorable au soutien et à l'épanouissement de l'enfant. Une consommation excessive d'alcool peut menacer l'accomplissement de cette fonction.
Il faut reconnaître que les schémas traditionnels de la famille ont évolué dans l'Union Européenne et que de nouvelles formes de vie familiale ont fait leur apparition (3). L'une des caractéristiques de cette évolution est la "nucléarisation" croissante du cercle familial, la disparition des membres de la famille qui n'appartiennent pas à la cellule de base parents-enfants - comme c'est le cas des grands-parents. L'augmentation du célibat et des familles monoparentales, plus forte dans certains pays européens que dans d'autres, constitue une autre tendance de ce phénomène. Cette double évolution a des retentissements sur les problèmes d'alcool dans la famille. En cas de difficultés, il y aura moins d'individus susceptibles d'apporter un soutien dans le cadre familial. Divorces et éclatement familial peuvent être, en même temps, la cause et la conséquence des problèmes d'alcool.
Les textes internationaux, et plus particulièrement la Convention Internationale des Droits de l'Enfant, rappellent le droit fondamental de l'enfant à grandir dans un environnement sain et sécurisant et dans une atmosphère de bonheur, d'amour et de compréhension (voir Annexe 2).
Le droit à une vie familiale satisfaisante implique un droit de protection en cas d'alcoolisme parental. La Charte Européenne sur la consommation d'alcool, signée par tous les Etats membres de l'Union à Paris en 1995, reconnaît que les enfants peuvent pâtir d'une consommation d'alcool. Quatre des cinq principes éthiques de la Charte se réfèrent à la famille :
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Toute personne a droit à une vie familiale, sociale et professionnelle à l'abri des accidents, des actes de violence et autres conséquences néfastes de la consommation d'alcool.
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Toute personne a le droit de recevoir, dès un stade précoce de son existence, une éducation et une information objectives et fiables concernant les effets de l'alcool sur la santé, la famille et la société.
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Tous les enfants et adolescents ont le droit de grandir dans un environnement aux risques réduits, à l'abri des conséquences néfastes de la consommation d'alcool et, dans la mesure du possible, de la promotion des boissons alcoolisées.
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Toute personne qui ne souhaite pas consommer de l'alcool, ou qui ne peut pas le faire pour des raisons de santé ou pour d'autres raisons, a le droit de ne pas être soumise à des incitations à boire et d'être soutenue dans son abstinence.
Une forte consommation d'alcool conduit bien trop souvent le buveur à négliger l'éducation de ses enfants et à leur infliger (ainsi qu'à son conjoint) divers abus physiques ou psychologiques. C'est justement parce que cette réalité existe pour beaucoup qu'il est important de ne pas entièrement identifier les abus et la violence domestique au gros buveur ou au buveur à risque. Une forte consommation d'alcool, et même une dépendance à l'alcool, n'entraîne pas nécessairement des perturbations importantes dans les relations familiales ni de violence contre le conjoint ou les enfants.
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e déteste que mon papa soit ivre, mais je l'aime. Avant, je pensais que je pouvais l'empêcher mais maintenant, je sais que non. Maintenant, quand il boit, je téléphone seulement à mamy ou à oncle Jim et ils viennent me garder. »
Jessie, 11 ans (dépliant NACOA, Does this happen to you ?)
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En outre, il arrive très fréquemment que des enfants victimes de l'alcoolisation parentale continuent, malgré tout, à aimer leur père ou leur mère et à lui rester fidèle. De même, beaucoup de parents qui s'alcoolisent ... s'inquiètent pour leurs enfants. (Ils) sont profondément conscients du mal qu'ils leur font même si, parfois, leur obsession de la boisson est plus forte que leur remords»(4).
Il est donc important de ne pas stigmatiser le buveur abusif au sein de la famille. Même si le conjoint et les enfants sont en droit de recevoir une aide, la vraie solution, pour une famille qui souffre d'un problème d'alcool, repose sur le buveur lui-même et sur l'aide qu'on peut lui apporter. C'est l'objet de notre étude qui porte principalement sur la nécessité d'aider tous les membres de la famille, le buveur lui-même compris.
References:
1. Citations réunies par les membres du groupe de travail à partir de diverses sources.
2. National Association for Children of Alcoholics, organisme anglais qui recueille les plaintes des enfants dont les parents sont alcooliques ou toxicomanes.
3. Franz Rothenbacher : Household and Family Trends in Europe from Convergence to Divergence. Eurodata Newsletter, n° 1, 1995.
4. A. Laybourne et al. Children, Families and Alcohol. Université de Glasgow 1995.
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