Qu'entend-on par problèmes d'alcool ?


Nous choisissons ici de qualifier de consommation à risque toute consommation d'alcool qui entraîne des problèmes pour le buveur ou pour ceux qui l'entourent. Notre étude s'intéresse aux conséquences dommageables de ce type de consommation sur les membres de la famille, et plus particulièrement sur les conjoints et les enfants.

La consommation à risque est souvent uniquement comprise en terme de dépendance à l'alcool ou alcoolisme ». Or, sans nier que l'alcoolodépendance puisse être la cause de graves difficultés dans les familles de buveurs, nous pensons qu'il est important de réaliser que les problèmes liés à l'alcool ne résultent pas tous nécessairement d'une dépendance à ce produit.

D'une manière générale, trois formes d'alcoolisation sont les plus susceptibles de poser des problèmes au buveur et/ou à ceux qui l'entourent : l'ivresse, la consommation excessive régulière et l'alcoolodépendance. Elles peuvent entraîner des complications à des degrés divers : conduite en état d'ivresse, accidents, violence, problèmes financiers, absentéisme professionnel, problèmes psychologiques, problèmes relationnels, intoxication alcoolique et autres ennuis de santé.

Il est évident que chacun de ces modes d'alcoolisation peut avoir un impact négatif sur l'entourage familial. De même, la gravité des problèmes rencontrés varie d'un peuple et d'une culture à l'autre. Les problèmes liés à une intoxication aiguë prédominent dans certaines populations, les pays nordiques par exemple, alors que les troubles liés à une alcoolisation chronique prédominent dans d'autres, notamment en France et dans les pays méditerranéens. Se reporter à l'annexe 3 pour les critères de diagnostic de l'abus d'alcool et de la dépendance alcoolique.

Une enquête portant sur les répercutions sociales négatives de la consommation d'alcool(1) a montré que, dans tous les domaines, la proportion de buveurs déclarant avoir rencontré des difficultés augmentait régulièrement avec la quantité d'alcool ingéré, mais qu'il n'y avait pas vraiment de seuil minimal en dessous duquel aucun problème n'était rapporté. Environ 10% des buveurs ayant connu des difficultés familiales au cours des 12 derniers mois précédant l'enquête absorbait une moyenne de 2 à 3 verres par jour (soit 27 à 40,5 grammes d'alcool). Nous ignorons si ces résultats seraient les mêmes dans d'autres pays, mais le fait est qu'une consommation moyenne de 2 à 3 verres par jour se situe bien en deça du niveau de consommation associé à la dépendance alcoolique.

Certaines études(2) ont montré que les difficultés sociales et familiales sont beaucoup plus fortement liées à la fréquence de l'intoxication qu'à son importance.

De leur côté, structures familiales et liens de parenté influent aussi énormément sur les conduites d'alcoolisation et donc sur la probabilité de rencontrer des problèmes d'alcool (entre autres).


References:

1. Cité dans le chapitre 3 de G. Edwards et al : Alcohol Policy and the Public Good. Oxford University Press, 1994.
2. E. Österberg : Alcohol Related Adverse Social Consequences within the European Union dans T.J. Peters (ed) Alcohol Misuse : A European Perspective, Harwood Academic Publishers, 1996.



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