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Importance du problème alcool |
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La population dans l'Union Européenne s'élève à 371,5 millions d'habitants, soit 121.6 millions d'hommes adultes, 127.6 millions de femmes adultes et 66.1 millions d'enfants âgés de moins de 15 ans. Il existe approximativement 146 millions de foyers. L'idée selon laquelle les gros problèmes d'alcool seraient rares dans cette population ne résiste pas à l'évidence. (1) Cependant, l'importance du problème dépend entièrement de la manière dont il est perçu et défini. La dépendance à l'alcool risque naturellement d'avoir des effets négatifs sur le buveur comme sur les membres de sa famille, mais elle peut ne pas être perçue comme un problème significatif - par les enfants par exemple - si elle ne perturbe pas fortement les relations familiales. A l'inverse, une alcoolisation occasionnelle peut poser de sérieux problèmes à l'entourage familial si elle s'accompagne, par exemple, de violence ou d'incapacité parentale. La grande diversité des problèmes sociaux et médicaux liés à l'alcool fait qu'il est impossible d'estimer précisément le nombre de familles et de personnes touchées. Quel degré de sévérité ou quelle fréquence une alcoolisation doit-elle atteindre pour qu'elle soit perçue comme problématique par les membres de la famille du buveur ? En outre, même lorsque les conséquences de la consommation d'alcool sont clairement nuisibles - en cas de violence, de divorce et d'éclatement de la famille par exemple - l'information reste extrêmement limitée et floue. Le rôle de l'alcool dans ce type de situations n'est ordinairement pas repéré ni mentionné dans les statistiques officielles. La grande difficulté vient du fait que les problèmes d'alcool au sein de la famille ont tendance à rester dissimulés comme un secret honteux. Les familles elles-mêmes peuvent être réticentes à reconnaître le lien entre l'alcool et leurs difficultés et le travailleur social ou le personnel de santé en contact avec elles peut ne pas vouloir poser de questions, ou ne pas penser à questionner. Quelques informations sont cependant disponibles dans certains pays de l'Union. La population à risque L'un des techniques pour mesurer l'importance du problème consiste à évaluer la population à risque en fonction de la prévalence de la consommation excessive et de la dépendance alcoolique. La grande majorité des européens adultes consomment de l'alcool, au moins occasionnellement. Dans l'Union Européenne, les non-buveurs représentent 1 homme sur 10 et 1 femme sur 5 - proportions plus faibles au Danemark et plus élevées en Irlande : 2,1% d'hommes et 6,1% de femmes au Danemark et 24,5% d'hommes et 36,3% de femmes en Irlande(2). Une part importante, mais inconnue, des non-buveurs est probablement constituée d'anciens buveurs qui ont cessé de s'alcooliser à la suite de problèmes liés à leur consommation. Consommation excessive et dépendance alcoolique En Europe, une proportion importante d'adultes consomme régulièrement des quantités excessives d'alcool, c'est-à-dire des quantités qui augmentent considérablement le risque d'avoir des problèmes sociaux ou médicaux. Un nombre plus restreint, mais encore important, d'européens montre les signes et les symptômes d'une alcoolodépendance(3). Dans certains pays, l'abus d'alcool et la dépendance provoquent souvent l'éclatement de la famille. Dans d'autres, probablement là où les divorces et les séparations sont moins bien acceptés par la société, une grande partie des alcoolodépendants restent mariés, même pour les plus touchés d'entre eux. Au Portugal par exemple, environ 70% des personnes soignées pour alcoolodépendance sont mariées. En Espagne, ce taux est de 66% et 80% des malades ont en moyenne 2,5 enfants ce qui est plus élevé que la population générale. Le nombre d'individus touchés est donc extrêmement large. L'Union Européenne ne possède aucune terminologie commune pour définir l'alcoolisation excessive ; il n'existe pas non plus de statistiques régulièrement mises à jour sur le nombre de buveurs excessifs et de buveurs alcoolodépendants pour l'Union dans son ensemble. Cependant, un certain nombre de pays ont fourni des estimations : L'Autriche compte environ 1 million de buveurs excessifs et 400.000 buveurs alcoolodépendants. En Belgique, on estime qu'il y a environ 300.000 buveurs excessifs. Les statistiques du Danemark indiquent que 14% des hommes et 8% des femmes consomment plus que les quantités recommandées (respectivement 252 g. et 168 g. d'alcool pur par semaine). En Finlande, d'après un test de dépistage, 22% des hommes et 5% des femmes sont classés comme buveurs à risque ». Environ 250.000 finnois sont alcoolodépendants, soit un consommateur d'alcool sur dix. En France, 29,5% des hommes et 11,1% des femmes vus par les médecins généralistes sont des buveurs excessifs (plus de 28 verres par semaine pour les hommes et plus de 14 verres pour les femmes), à haut risque de maladie liée à l'alcool ou déjà malade. On estime que plus de cinq millions d'adultes sont à ranger dans cette catégorie. Deux millions de Français sont alcoolodépendants (4). En Allemagne, environ 16 % des 18-59 ans (7,8 millions) ont un niveau de consommation d'alcool dangereux » et on estime à 6,6 millions le nombre de buveurs excessifs. Le Luxembourg compte environ 9000 buveurs excessifs (sur une population de 413,000 habitants). Au Portugal, il existe environ 1.7000.000 malades alcooliques et buveurs excessifs, soit approximativement 21% de la population adulte. L'Espagne compte environ 3 millions d'hommes et 235.000 femmes buveurs excessifs ou alcoolodépendants. En Irlande, 23% des hommes et 5% des femmes environ consomment plus que les quantités recommandées et 8% des hommes et 2% des femmes ont des signes d'alcoolodépendance (5). Aux Pays-Bas, plus de 25% des hommes jeunes et d'âge mûr ainsi que 2 à 3% des femmes dépassent les limites » d'une consommation régulière. En Suède, 10% des hommes et 3 à 6% des femmes adultes sont de gros buveurs ». On estime qu'il existe 300.000 buveurs excessifs dont 50.000 à 100.000 sont de gros buveurs excessifs». En Norvège, on estime que 10 % de la population adulte abuse de l'alcool ou est alcoolodépendant, soit environ 300,000 personnes. En Suède, 10 % des hommes et 3 à 6 % des femmes sont de gros buveurs ». Il existe environ 300,000 consommateurs abusifs » d'alcool, parmi lesquels 50,000 à 100,000 sont des gros buveurs ». Au Royaume-Uni, 7% des hommes et 2% des femmes sont actuellement considérés comme alcoolodépendants. Si l'on applique ces pourcentages à l'ensemble de l'Union Européenne, il existerait alors environ 8,5 millions d'hommes et 2,5 millions de femmes alcoolodépendants. Si l'on part du principe que chaque buveur est responsable en moyenne de la souffrance d'une seule personne dans son entourage, familial ou autre, alors 22 millions d'individus en Europe seraient soit des buveurs excessifs, soit des personnes affectées par la consommation d'un tiers. Il s'agit là bien sur, d'une méthode de calcul extrêmement rudimentaire et qui sous-estime nettement l'importance du problème. Premièrement, l'estimation porte sur les personnes qui souffrent actuellement de dépendance alcoolique : or il est probable que la fréquence de la dépendance alcoolique est beaucoup plus élevée dans le temps. Pour la population adulte en général, elle est probablement plus proche des 14 %. Ce qui fait plus de 42 millions d'Européens adultes abusant de l'alcool ou alcoolodépendants à quelque période de leur vie. Si l'on maintient l'hypothèse selon laquelle chaque buveur n'affecte qu'une seule personne autour de lui, alors 84 millions d'individus sont soit des buveurs excessifs, soit des personnes touchées par la consommation d'un tiers. Mais en réalité, les buveurs blessent » beaucoup plus qu'une seule personne autour d'eux. Deuxièmement, la consommation d'alcool au Royaume-Uni est beaucoup moins élevée que dans la plupart des autres pays européens : il est donc probable que la prévalence de la dépendance alcoolique y est aussi relativement basse. Cela influe sur l'estimation du nombre d'enfants dont les parents ont un problème d'alcool. Une enquête britannique a montré que 4,1% des pères vivant en couple avec enfants étaient dépendants de l'alcool dans la dernière année écoulée (6). En Finlande, on estime que 12% de la population, soit une personne sur huit, a souffert d'une consommation parentale excessive d'alcool (7). Si cette estimation est appliquée à l'ensemble de l'Union, alors 44,5 millions de personnes, approximativement, ont grandi ou grandissent dans un foyer avec des problèmes d'alcool. Ce chiffre inclut les 7,9 millions d'enfants de moins de 15 ans qui vivent actuellement dans ce type de famille. Cependant la Finlande, comme le Royaume-Uni, est l'une des nations les moins consommatrices d'alcool en Europe ; ce chiffre est donc lui aussi sous-évalué. Une étude danoise révèle que 7% des enfants âgés de 13 à 19 ans ont eu au moins un parent hospitalisé pour un motif lié à l'alcool(8). Si nous appliquons les chiffres de l'étude danoise à la population totale des moins de 15 ans de l'Union Européenne, il y aurait 4,5 millions d'enfants vivant dans un foyer touché par l'alcool. Dans la mesure où une forte proportion des buveurs excessifs n'est jamais hospitalisée ou que la maladie responsable de leur hospitalisation n'est pas souvent reliée à l'abus d'alcool, cette évaluation doit être prise comme une estimation basse. Sur la base des calculs danois et finlandais (respectivement 7% et 12%), on a déterminé, pour chaque pays de l'Union, le nombre d'enfants de moins de 15 ans concernés par l'alcoolisation de leurs parents. Les auteurs de ce rapport prennent l'étude danoise comme hypothèse la plus basse et l'étude finlandaise, plus sociologique, comme hypothèse la plus haute pour évaluer l'étendue du problème. Même si l'on s'en tient à l'hypothèse la plus basse, il est évident que le problème est considérable, touchant au moins 4,5 millions d'enfants de l'Union Européenne. Mais il est presque certain que le chiffre réel est beaucoup plus élevé, comme le suggère la limite la plus haute de 7,7 millions. Figure 1 : Estimation du nombre d'enfants dont les parents ont un problème d'alcool
L'estimation du rôle joué par l'alcool dans les mauvais traitements à enfants et dans les problèmes conjugaux tels que la mésentente, la séparation et le divorce fournit des indices supplémentaires pour mesurer l'ampleur du problème.
Les personnes âgées Ce rapport porte principalement sur les enfants et les conjoints du buveur mais d'autres membres de la famille peuvent aussi être concernés. Au Royaume-Uni, les adultes qui vivent encore avec leurs parents ont un risque accru de dépendance alcoolique et ceux qui vivent avec un seul parent sont encore plus exposés(9). Les parents, qui sont le plus souvent âgés, peuvent à la fois connaître une profonde détresse psychologique et de grosses difficultés matérielles. References: 1. H. Holder et G. Edwards, Alcohol and Public Policy. Oxford University Press, 1995. |
1996 - 2005 Eurocare